Chapitre 28 - Mickaël - Une émission télé ?


Ah oui, le monde est beau ! Rendons-lui cet hommage !

Apprécions les cadeaux que donnent ses visages.

Goûter le pain, le vin, remercier tous les jours,

De peindre son chemin aux couleurs de l’amour…



Mickaël sentit contre sa joue le doux frottement d’une petite tête ronde, et un roulement rauque, tranquille, qui rendort en même temps qu’il réveille, le ronronnement tellement apaisant d’un jeune félin apprivoisé. C’était Pedro qui venait tout gentiment rappeler à ses maîtres qu’il était debout depuis fort longtemps déjà, et que son pauvre petit estomac de petit chat tout gris commençait sérieusement à se creuser. Jusqu’à présent, il s’était maîtrisé, mais bientôt il ne pourrait plus retenir les miaulements stridents, signe ultime qu’il avait si faim et qu’il était tellement à plaindre parce que personne n’était encore venu à son secours. Ah, s’ils vivaient à la campagne, il serait bien parti en quête d’un petit déjeuner à quatre pattes, mais là... que voulait-on qu’il attrape, enfermé qu’il était dans un appartement perdu au milieu d’une ville immense ?

Mickaël glissa un baiser tendre à Annie qui se réveillait doucement elle aussi et attrapa son chenapan de chat pour lui faire un câlin bien mérité. Ce n’était pas du tout la commande de Pedro qui se débattit pour échapper à l’emprise de son maître. Il sauta prestement du lit et fit quelques pas en direction de la sortie de la chambre puis se retourna et lança ses yeux réprobateurs pour indiquer qu’il n’avait pas du tout apprécié. Pour vérifier aussi que Mickaël avait bien compris le message cette fois et le suivait pour lui donner sa ration :

  Tu sais, j’ai toujours faim, moi ! Lui confirma Pedro de ses yeux ronds, car on n’est jamais bien sûr avec lui.

  Mais oui mon cher minou, je sais que tu veux à manger... J’arrive, t’inquiète...

Justement si, Pedro s’inquiétait : l’autre jour, il l’avait fait mariner pendant plus d’une demi-heure, à se raser, se doucher sans le moindre empressement. Tout ça pour prendre ensuite l’excuse éhontée d’avoir une chemise à repasser pour le travail et continuer encore son petit jeu de procrastination qui le rendait fou. Il savait en plus qu’il le faisait exprès.

Le week-end à venir s’annonçait magnifique, et leur petite famille au grand complet, Annie, Pedro et lui, s’apprêtait à en profiter dignement. Comme Mickaël n’avait pas de chemise à repasser, il suivit Pedro dans la cuisine et lui servit le mélange de courgettes et de croquettes qui illumina sa matinée et le mena droit à sa sieste digestive dans le placard.

Annie proposa une balade le long du canal Saint Martin et ils pourraient déjeuner au bistro italien qu’ils aimaient bien. Mickaël se déclara en faveur de ce programme, mais précisa tout de même qu’il devait travailler ce week-end, à l’élaboration d’un plan détaillé de mise en œuvre de son nouveau plan. Annie répondit qu’elle ne songeait nullement à l’empêcher de rendre le monde meilleur, mais qu’elle avait elle-même quelques idées qui allaient dans ce sens et qu’elle aimerait soumettre au bureau politique. Mickaël conclut que le déjeuner serait sans doute le meilleur moment pour aborder le sujet.

Les quais accueillaient les promenades de quelques autres parisiens ce matin. Ils croisèrent de nombreux sportifs, amateurs de course à pied, à vélo, qui s’adonnaient à leur sport hebdomadaire. Beaucoup de familles aussi, qui comme eux, avaient tenu à venir saluer le soleil.

Mickaël regarda sa chère et tendre et ne put résister à l’envie de lui voler un baiser. Voler n’est pas vraiment le terme, car il lui fut offert gracieusement et le seul vol qu’un observateur extérieur aurait pu rapporter pour les nouvelles du journal le lendemain était celui des deux cœurs légers qui s’élevaient dans les airs tels deux lanternes célestes thaïlandaises.

Dans la douceur de cette journée, Mickaël se sentait vivant et heureux. Il commençait vraiment à comprendre ce que l’instant présent signifiait et eut la sensation qu’il pourrait s’y faire.

Surfer à l’infini sur cette vague et s’amuser de chacun de ses rouleaux.

Ah oui, le monde est beau ! Rendons-lui cet hommage ! 

Il se sentait béni, reconnaissant d’avoir rencontré Annie, de son soutien sans faille dans la volonté de changement qu’il avait exprimée. Il pensa que le courage des hommes devait n’avoir aucune limite quand ils sont portés au-delà des nuages par un tel amour. Il fallait maintenant s’en montrer digne : quand on reçoit un tel cadeau, on n’a pas le droit de le gâcher.  

Étonnamment, Annie ne paraissait pas si détendue, aujourd’hui : il la trouvait bien silencieuse et il pensa que le sujet qu’elle voulait aborder au déjeuner devait vraiment être important. Au bout de la trentième poussette, elle finit par lui dire :

  Tu sais, l’autre jour, j’ai vu une émission à la télé, je voudrais t’en parler.


Le poème dont vous êtes le héros est un roman auto-publié.

Pour être diffusé, lu, il a besoin de vous...

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