Chapitre 34 - Anatole - La fin de l'hiver


Enfin se présenta la chance,

Car la campagne a refleuri.

Elle m’affligea de sa clémence :

J’étais un chat, j’avais neuf vies.



Anatole avait finalement traversé le froid sans encombre. Bien que cela n’ait parfois tenu qu’à un fil, il avait résisté. Il avait fini par choisir, par décider enfin qu’il avait le droit de vivre, et était parvenu à se préserver de la neige et du froid. Aujourd’hui, le printemps s’annonçait et les arbres des parcs recommençaient à abriter les concerts des oiseaux, heureux et fiers de chanter pour tous l’avènement d’un monde nouveau.

Au cours de ces longs mois, il avait fait la paix avec son passé. En traversant le jardin des plantes ce matin-là, il pensa à Suzanne : il lui dit qu’il l’aimait, qu’il était désolé, de n’avoir pas pu mieux faire, de n’avoir su l’aider à mieux passer les mauvais moments.

Il pensa à Rodolphe, aussi, et, levant les yeux au ciel, lui adressa un salut plein de tendresse. C’était de loin le plus sage et le plus vaillant des deux.

Dans sa liste ensuite se présenta Léonard. C’était étrange, mais il voulait le remercier aussi. Sans lui, il n’aurait probablement jamais fait cette expérience. Il travaillerait peut-être même encore pour Vautours & Compagnie, avec un niveau d’aliénation sans doute intolérable. Alors oui, merci de lui avoir montré ses propres limites.

Au bout du Jardin, il prit la rue Lacepède puis à droite, la rue de Navarre et arriva bientôt dans les arènes de Lutèce. Mickaël se tenait bien là, comme convenu, assis au premier rang des gradins. Il se leva dès qu’il l’eut aperçu et l’interpella :

  Bonjour, monsieur, c’est pour le contrôle d’identité !

  Bah… répondit Anatole, vous tombez mal, monsieur l’agent, j’ai bien mon passeport sur moi, mais je ne sais pas qui est l’homme sur la photo...

  C’est bien ce que je suis venu vérifier… Suis-moi, tu vas me raconter devant un café…

Les deux amis s’installèrent à une terrasse.

Bien sûr, tout le monde dévisageait ce clochard qui n’avait pas l’air dans l’élément où ils s’attendaient à le trouver, alors ils se demandaient si l’ordre des choses avait soudain changé, et s’ils devaient s’en inquiéter. Mickaël offrit une tournée générale de limonade qui acheva de dissiper les doutes : le monde semblait bien tourner à l’envers !

Anatole parla d’une nouvelle technologie qui avait permis à Rodolphe de lui envoyer plusieurs messages pendant ses longs mois d’errance, de la force qu’il lui avait donnée.

  Cette fois j’en suis sûr, annonça-t-il, les chats sont des extra-terrestres…

  Des maîtres songes, plus exactement, répondit Mickaël.

Anatole hocha la tête, l’air pensif. Puis il reprit :

  Tu sais, j’ai bel et bien trouvé quelque chose au fond du monde : le courage de rater, puis de repartir sur un autre chemin.


Le poème dont vous êtes le héros est un roman auto-publié.

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